02/07/2006 Compte Rendu de l' IRONMAN de ROTH par Gilou

Petit retour en arrière, septembre 2005, clôture de ma 1ère saison de triathlon par le triathlon de Val de Reuil (MD) devant me permettre de " jauger " ma motivation pour une éventuelle inscription au format mythique de l’Ironman ...



02/07/2006 Compte Rendu de l' IRONMAN de ROTH par Gilou
Petite réflexion et inscription dès septembre 2005 à Roth, le triathlon à faire au moins une fois de l’avis de mes partenaires expérimentés, mon ami de Mayenne Pascal Durand sera de la fête, ainsi que Fred alias Faris al Gratien, François et Aymeric plus une équipe de relais composée de Sandrine à la natation, Thomas à vélo et Christian alias l’inspecteur Valentin à la course à pied.

La décision est prise, annoncée à tout le groupe, l’objectif est encore lointain et surréaliste mais la motivation est là et ne me quittera pas jusqu’à la course. Mon fond d’écran au travail est une photo du Solar, bref c’est parti pour une longue préparation, un stage vélo et des séances de course à pied et de natation conduites par Louis qui cherchera tout au long de la saison de garder notre motivation tout en nous poussant à fond à chaque entraînement.

La logistique est en place (merci Fabienne et Fred) et j’arrive le vendredi matin en famille (mon frère, Elodie et les enfants) à Erlindorf (18 km de Roth). Je pars récupérer le dossard avec mon pote Pascal et le temps passant très vite je ne fais pas de reconnaissance vélo. Aucune pression apparente, calme et sérénité sont de rigueur, pour ne rien gâcher la France est toujours qualifiée ! Dépose des vélos le samedi, briefing de la course en Français à 11h00, ça sent la grosse organisation bien huilée. Quart de finale de coupe du monde à la maison le samedi soir, je ne verrai pas le but de Thierry Henri étant cloué sur les toilettes depuis 5 minutes ... tiens ne serait ce pas un début de stress ? Imodium avant de se coucher (merci Roland), réveil à 3h30, le sommeil ne sera pas venu me chercher, mais ce n’est pas grave, je ne m’énerve pas et reste calme en attendant l’heure du lever. De nouveau passage par les toilettes, décidemment je n’aurai pas de poids superflu, 2 nouveaux Imodium en espérant qu’ils feront effet !

Pascal, vient nous prendre Fred et moi pour LA COURSE, nous avons tous vérifiés que nos sacs pour les transitions soient OK, c’est parti. Arrivée cool au départ natation, dernier tour aux toilettes avant le départ, finalement je ne dois être cool et serein que vu de l’extérieur ! De ce fait je rate le départ des pros ... tans pis je les rattraperai plus tard !


6h20 les pros partent, ainsi que les femmes et les gens nés avant 1941, a partir de 7h00 par groupe de 400 personnes les autres concurrents vont partir, mon groupe et celui de Fred part à 7h15, mon pote Pascal à 7h20, François lui part à 7h05 si je me souviens bien. Chaque groupe à un bonnet de bain de couleur différente et le départ s’effectue sans difficulté ni bagarre dans l’eau. La foule amassée sur les 2 ponts et le long du canal est impressionnante ainsi que la musique du départ (la musique du film 1492) presque aussi rassurante qu’un requiem ...

Bon ça y est je nage, l’eau est propre et chaude, il n’y a aucun courant car le canal est fermé de part en part par 2 grosses écluses, nous nageons donc dans une piscine géante, je nage en 3 temps, je n’ai pas de problème de trajectoire, le 1er pont qui marque le 1er demi tour est à environ 1400 mètres et parait très loin vu depuis l’aire de départ, je double des bonnets blancs (et blancs bonnets) des bleus (partis 10mns plus tôt comme quoi y’a vraiment des gens qui ne savent pas nager J ) je suis aussi doublé par des bonnets oranges partis derrière moi, le demi tour sous le pont est agréable, il y a beaucoup de bruit, la 2ème partie jusqu’au 2ème pont fait environ 2000 mètres, c’est un peu long mais je suis bien dans l’eau, et de plus j’ai mon coach mental avec moi et je me répète régulièrement que je suis une locomotive ( Ok c’est un peu " bourrin " mais ça marche, je me surprend même à faire des " tchou tchou " ... merci Louis J ... ça attaque les neurones le triathlon !) dernier demi tour et le dernier 400 est bouclé, sorti de l’eau en 1h17 conforme à mon niveau (c’est même mieux que sur mon MD à Troyes !) je sors de l’eau pas fatigué aidé par les volontaires, je cherche mon sac, facile dossard 1901 il est dans la dernière rangée juste après le panneau 1900 ... mais stupeur, pas de sac immatriculé 1901, 2 volontaires cherchent avec moi et nous ne le trouvons pas, ils me laisse tomber pour s’occuper des autres, enfin je le trouve abandonné par un " peintre " qui à tenter de me piquer mon sac !

J’ai perdu du temps mais je suis soulagé de pouvoir continuer. Transition en un peu plus de 6 minutes, je retrouve facilement mon vélo dans le parc, et c’est parti pour une belle sortie vélo. Je vois Fabienne (la femme de Fred) et ses enfants sur le parcours vélo puis Daniel (mon frère) et Elodie, tout va bien.

Il fait beau et chaud en Bavière en ce début juillet, la route est nickel nettoyée la veille par 17 balayeuses, il n’y a pas trop de vent sur ce 1er tour (2 boucles à effectuer), j’essaye de boire très régulièrement, j’ai des difficultés à m’alimenter mais pour le moment pas de souci. Que dire de l’ambiance, pas grand-chose, le mieux est de se rendre sur place pour juger par vous-même, c’est E X TR A O R D I N A I R E, c’est la fête dans chaque village, devant chaque maison, j’ai de plus la chance de me faire doubler par la tête de la course dans le 1er tiers du Solar, la montée mythique du parcours vélo ! C’est Faris Al Gratien Sultan qui est à ce moment en tête de la course et il est Allemand ... de la folie douce, les milliers de spectateurs agglutinés sur cette bosse, faisant tourner des crécelles, encourageant perpétuellement par des HOP HOP HOP avec des variantes en ZUPER ZUPER, bref le bonheur et ma grosse émotion de ce triathlon. La bosse n’est pas dure ni longue mais il fait chaud, le public nous vole tout l’oxygène, forcément les jambes tournent plus vite pour remercier ce public et ce n’est que tout la haut que l’on s’aperçoit que le coeur bat la chamade.

Il faut enfouir toute ces images surréaliste pour pouvoir continuer la course, le vent se lève sur la 2ème partie de la course et le soleil est de plus en plus chaud (tout comme les boissons énergétiques), la difficulté de la course, la montée de Greding fait mal aux jambes et la position sur le prolongateur est de plus en plus difficile à tenir, je n’ai qu’une envie boire une grande boisson pétillante et fraîche. La tentation de s’arrêter dans un village est grande mais ma force morale encore plus et je résiste à la tentation au contraire de mon pote Pascal !

Les relais à vélo me passe comme des boulets de canon, je suis sur un grand faux plat montant et j’ai le dos en compote, je me mets debout sur mon vélo et là j’entends une voix connue qui me hurle " vas y Gillou reste sur le prolongateur c’est dans ce genre de ligne droite que tu gagnes du temps " merde pris en flagrant délit par Thomas qui heureusement me double vite et n’a pas le temps de trop m’engueuler ... toujours est-il que je me remet sur le prolongateur on ne sais jamais Louis va peut-être sortir de derrière un buisson !

Je n’y reste pas longtemps car je commence à être " cramé " (ça doit être environ entre le 140 et le 150ème km) et en manque de carburant n’arrivant pas à manger correctement, une dernière barre aura raison de mon estomac et entraînera une vidange non planifiée, la fin est difficile et toujours ce vent je ne sais pas comment je vais pouvoir courir un marathon !


Zone de transition, un volontaire vient prendre mon vélo, j’entre dans la tente et déjà une volontaire vide mon sac à terre, elle enlève mes chaussures, m’aide à me déshabiller, puis à enfiler ma tenue de course à pied, elle me colle du sparadrap sur les tétons, me passe de la protection solaire sur les parties exposées, me fait mes lacets, bref je suis un peu à l’ouest (n’est pas Breton qui veut !) et je me retrouve hors de la tente habillé en coureur ... bon bah c’est parti pour un marathon d’autant plus que Sandrine m’accueille par un " allez Gillou " qui me jette définitivement dans l’arène. La foulée n’est pas gracieuse n’y très efficace, bizarre non ?

Les ravitaillements sont tous les 2 kilomètres, c’est bien car il fait maintenant très chaud, de plus c’est un objectif atteignable (courir pendant 2 km) le seul problème est de pouvoir répéter ce modeste exploit 21 fois ... c’est là que les choses se corsent. Le public est là aussi omniprésent, c’est la fête devant chaque maison, les enfants sont tous dehors et participent à la fête. La période du 4ème au 10ème kilomètre a été très difficile sans doute les séquelles du problème gastrique, je marche au coca à tous les ravitaillements (2 ou 3 verres à chaque fois) le coca chaud passe bien mais le véritable bonheur de ces ravitos est les pastèques coupées, sucrées, rafraîchissantes ... comme quoi il en faut peu pour rendre un triathlète heureux !

Petit à petit cela va mieux et je ne cède plus à la marche, j’ai le plaisir de faire quelques kilomètres avec Thomas qui me donne des news des autres Nanterriens, cela me fait du bien. Je croise Fred qui doit avoir 4 Km de retard sur moi, il a l’air de bien aller par contre Pascal qui me hèle n’a pas la tête des grands jours et n’arrive pas à compter à combien il est de moi ... Nous croisons Aymeric qui n’est pas à la fête et Thomas fait le retour avec lui.

Nouveau croisement avec Fred, l’écart à l’air d’être stable, Pascal que je croise pour la dernière fois au 30ème n’en ai lui qu’au 14ème ... bonjour la galère ! Je passe environ 1mn30 à chaque ravito, le temps de m’éponger, de boire et de manger ... et satisfaire aux besoins naturels.

Les 10 derniers kilomètres sont vraiment " bons " car je n’ai pas de douleur, pas de crampes et je sais que j’irai au bout, je crois que le sourire n’a pas du me quitter sur les 5 derniers kilomètres, pour atteindre la béatitude à l’approche de la ligne d’arrivée, ma famille est là, je tape dans toutes les mains tendues, Romain (mon fils) saute la barrière, me tend le drapeau Français et nous franchissons tous les 2 la ligne d’arrivée, c’est le bonheur, je ne pense à rien en particulier mais je profite de toutes ces images, des visages, des bruits, je récupère le reste de la famille et je peux enfin savourer cette bière fraîche de 50 cl (sans alcool) offerte à l’arrivée, je dois la boire goulûment en à peu prêt 10 secondes, j’en rêvait depuis si longtemps.

Ca y est j’ai démystifié cette course, je suis un finischer comme tous les autres néophytes Nanterriens inscrits à cette course (avec une mention toute particulière pour François qui signe une formidable perf pour son 1er IM 144ème en 9h48 ...), tout comme mon pote de Mayenne Pascal, arrivé de nuit en compagnie d’un Lavallois vers 23h10 ...

C’est une belle course, bien huilée, organisée de mains de maîtres, un public omniprésent, l’usine à rêves mérite bien son nom et me laisse de grands moments d’émotions.

Je ne suis pas " cassé " après cette course, peu de courbatures, sans doute grâce au temps passé à l’entraînement. J’ai aimé cette course et les sensations qu’elle procure, c’est le résultat d’une longue saison de préparation.

J’ai envie de connaître de nouveau ces sensations ...

Merci à tous pour votre état d’esprit, à Louis pour sa formation " cheminot " option " train à vapeur ", pour ses conseils mille fois répétés, aux stagiaires d’Aups pour cette agréable semaine passée en groupe, aux fers à repasser de la piscine (qui se reconnaîtrons) avec qui j’ai bien " ramé " toute l’année et surtout à ma famille qui m’a encouragé dans ce défi.

C’était un peu long certes mais c’était mon 1er IronMan, j’espère faire plus court la prochaine fois (aussi bien pour le compte rendu que pour la course).

Natation : 1 : 17 : 18 T1 : 0 : 06 : 32 Vélo : 6 : 11 : 17 T2 : 0 : 07 : 11 CAP : 4 : 57 : 22

TEMPS FINAL : 12 heures 39’ à la 1511ème place sur 1960 finishers.

Gilles Lecrinier

Samedi 6 Décembre 2008
David Quérel
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