15/08/2005 Compte Rendu de l' EMBRUNMAN par Tom



Ca y est, c’est fait, je suis un Embrunman ! On dit souvent que plus on souffre à l’entraînement, plus on prend de plaisir en course, mais ça n’a pas été mon cas le 15 août. Retour sur une longue journée :

3h45 : Réveil, enchaîné par l’absorption de ma casserole de pâtes froides, pas top mais je suis sûr au moins que ça passera bien.

4h15 : Arrivée sur le lieu de la course, préparation du matos. Bizarrement, je n’ai pas du tout stressé avant la course, serein quant à ma préparation et à mon niveau, mais surtout inconscient de ce qui m’attendait... Je croise Fred, quelques mots d’encouragements et chacun repart dans sa bulle. 10 minutes avant le départ, alors que tout le monde est prêt, grosse commission en vue. J’arrive donc au départ juste à temps, mais au moins, je ne serais pas enmerdé (c’est le cas de le dire !).

6h : C’est parti. Arrivé en retard, je n’ai pas réfléchi à mon positionnement et je pars au milieu du paquet. Résultat, les 10 premières minutes je suis à la limite de me noyer, je me fais couler, accrocher, frapper, et je me demande vraiment ce que je viens faire dans cette machine à laver. Ensuite les conditions deviennent plus acceptables, mais entre les blaireaux qui passent les bouées en brasse et foutent des coups de pied à tout le monde, ceux qui ne supportent pas qu’on leur frôle le doigt de pied et donnent de gros coups de pied , pas tout à fait volontaires, le bilan de la natation c’est :

NATATION : 1h08 de souffrance

La transition se passe bien, mon voisin est là quand j’arrive, et aussi quand je pars donc je me dit que je ne me suis pas trop mal débrouillé.

Ensuite, la course commence enfin pour moi. Je pensais avant la course que les 120 premières bornes se feraient sur la réserve et seraient donc agréables. Mais il fait super froid et j’ai les jambes complètement engourdies. Je me régule au cardio dès le départ mais pour être à la fréquence que je m’étais fixée, j’ai vraiment mal aux jambes qui ne se réchauffent décidément pas... Malgré tout, après 40 km, je suis dans les 80 premiers donc je n’avance pas si mal. Dans l’Izoard, le vent de face très violent accentue encore la sensation de froid et rend la montée encore plus difficile. Je suis 25e en haut du col (100e km), après avoir doublé Valérian à 3-4 km du sommet. Je fais ensuite la partie technique de la descente à bloc, puis dans le bas je lève franchement le pied et je me ravitaille en mangeant mon sandwich et ma pomme de terre, récupérés au ravito perso en haut du col. Après s’être un peu rempli le ventre et surtout avoir regoûté aux plaisirs du salé, on peut considérer que l’on a les 2 premières minutes de plaisir de la journée ! Et ça fait longtemps qu’elle a démarré ! A Briançon (en bas du col), la température s’est enfin réchauffée, mais comme on est au 120e km, je commence à ne vraiment plus avoir de jambes, surtout sur les portions roulantes où il faut envoyer du braquet. Par chance, sur les 40 km suivants, on a le vent dans le dos et on est rapidement à plus de 35 km/h sur le plat sans forcer. J’ai toujours des jambes pour les bosses, c’est le principal. A 20 km de Embrun (et donc 28 de l’arrivée), le vent est à nouveau de face et Valérian en profite pour me doubler. Je savais qu’il n’était pas loin derrière depuis Briançon parce que je le voyais derrière dans les bosses, et je ne peux absolument pas le suivre quand il me passe. En plus, j’ai franchement mal au ventre, je n’arrive plus à boire ma boisson énergétique depuis un moment et je commence sérieusement à appréhender le marathon dans ces conditions. Jusqu’à Embrun, je me force à me ravitailler un petit peu, mais 5 ou 6 autres coureurs me passent. Puis arrive la dernière côte, Chalvet. Je retrouve un second souffle, et je double tous ceux qui m’avaient rattrapé, sauf Valérian que je vois malgré tout. On peut rajouter 10 minutes de bonheur dans cette côte, où j’avais de bonnes jambes (enfin décongelées) et où j’allais vraiment bien par rapport aux autres. Ensuite la descente, où un gros connard en voiture me ralenti, m’empêche de le doubler pour finalement m’obliger à prendre des risques et à ne pas prendre le bon parcours, ce qui me fait perdre une bonne quarantaine de secondes et 2 places. Quant on voit comment on en chie pour les gagner, on se dit vraiment que certains ne respectent rien. Si j’avais retrouvé sa bagnole après la course, je me serait fais un plaisir de la lui exploser. Enfin, arrivée au parc à vélo 26e.

VELO : 6h19 de souffrance, 12 minutes de plaisir

La transition se passe bien je sors du parc et je vois Valérian juste devant. Le temps de s’arrêter faire un petit pipi et s’est parti pour 42 km. Comme sur mes 2 autres triathlons, je suis surpris de mes jambes : contrairement à ce que je pensais, ça ne va pas si mal, une fois mis dans le rythme. Par contre, je me dis qu’avec ce que j’ai mangé (en tout depuis le départ, 1 sandwich, 1 patate, 2,5 litres de boissons énergétiques et 0,75 barres), ça risque de ne pas passer et la défaillance va me guetter. Mais je repense à la boisson miracle, le coca ! Oui, le coca ça passe bien, c’est bourré de sucre et j’en bois donc autant que je peux à chaque ravito. Comme je le disais, au début du marathon les sensations sont là, et on peut rajouter je pense 12 minutes de plaisir. Je double rapidement Valérian et me retrouve 21e assez vite. Mais dans la première descente, je commence à comprendre où ça va faire mal : les descentes fusillent les quadriceps, et peu à peu chaque phase d’amortissement devient de plus en plus douloureuse à chaque foulée. Entre le 15e et le 22e km, je suis vraiment bien (par rapport aux autres, tout est relatif...), j’ai une bonne foulée, et je commence à être relativement confiant pour la suite. 3h15 au marathon ? Fabrice me suis dès la fin du 1er tour (il y a 2 tours en tout) et jusque là tout va bien. Mais vers le 22-23e km, je sens un début de crampe à aux ischios droits et je suis obligé de ralentir pour ne pas que la crampe arrive. Je me force à boire énormément au ravito suivant, mais au 25e km, la crampe arrive dans la jambe droite, je suis tétanisé par la douleur, je tombe, et du coup la même crampe arrive également dans la jambe gauche. Là, Fabrice me sauve la course parce qu’il me lève les jambes pour les étirer. Tout seul, je ne sais pas si j’aurais réussi à les faire passer. Je reste 5 minutes allongé par terre avec Fabrice qui me tient les jambes en l’air, incapable de bouger sans que les crampes reviennent. Finalement j’arrive (avec de l’aide) à me relever et à repartir en trottinant, et à partir de là le chemin de croix commence vraiment : constamment à la limite de la crampe, je suis souvent obligé de marcher 10 mètres pour ne pas qu’elle arrive, je bois autant que je peux boire à chaque ravito, m’arrêtant pour ne pas perdre une goutte. J’ai l’impression de ne pas avancer (et ce n’est pas qu’une impression). Finalement dans ma galère Eric Pinna de Troyes triathlon m’aidera, parce que je sais que c’est un très bon coureur mais là on est plus ou moins ensemble dans la même galère, et ça m’aide à m’accrocher. Chaque foulée jusqu’à l’arrivée sera une souffrance, je ne pourrai même pas savourer les 500 derniers mètres parce que je sens que quelqu’un revient sur moi et je ne veux vraiment pas lâcher. Sur ce coup là j’ai bien fait, il me met plus de 20 minutes sur le marathon mais finit 7 secondes derrière à l’arrivée !

MARATHON : 12 minutes de plaisir, 3h29 de (très grande) souffrance.

Au final je fais 32e en 11h 25 min 37 s. La natation aura été correcte sans plus, le vélo très bon (11e temps des finishers) et le marathon décevant par rapport à mes objectifs initiaux, mais au mieux de ce que je pouvais faire avec ma très petite expérience. Valérian a encore plus pété que moi sur le marathon puisqu’il le finit en plus de 4h10 à cause de maux d’estomac. Dommage, il avait fait une super natation en moins de 1 heure, et un bon vélo en 6h38. Temps final, 11h54, moins bien qu’à sa 1ère participation mais avec des motifs de satisfaction.

Pour ceux qui veulent se lancer dans l’aventure ironman, sachez que c’est dur. C’était mon mot à l’arrivée, c’est vraiment dur.

BILAN DE LA JOURNEE : 11 heures de souffrance, 25 minutes de plaisir, mais l’énorme satisfaction d’avoir fini.

Je savais que l’alimentation était très importante dans une telle épreuve mais rien ne remplace l’expérience et je l’aborderai différemment la prochaine fois (parce que je ne suis pas dégoûté, il y aura une prochaine fois : pourquoi pas Lanzarote ? Avis aux amateurs...). Ma défaillance sur marathon vient selon moi essentiellement de mes problèmes de ravitaillement. A noter le soutien formidable que l’on a sur le marathon, mais que l’on ne peut pas toujours rendre aux spectateurs parce qu’on est trop dépouillé.

Plus particulièrement, un grand merci à tous nos supporters, Bruno, Stéphanie, Olivier, Laurence et Fabrice qui ont fait le parcours vélo en voiture et nous ont super bien encouragé à une bonne dizaine d’endroits différents, Iwen le photographe, Croco et le 2e Fabrice (DU) qui m’a sauvé la vie en course à pied en m’aidant à faire passer mes crampes et m’a soutenu tout le marathon. A cela je rajoute Christian que je n’ai malheureusement pas vu (dans l’état où j’étais j’espère qu’il m’excusera !) mais qui n’a pas dû manquer de m’encourager, ainsi que Fred et sa femme, qui malgré sa déception d’avoir dû abandonner était là à l’arrivée pour me féliciter. Merci Fred et tu savoureras d’autant plus le jour où tu finiras ! Merci aussi à Cathy qui a eu la gentillesse de nous masser à l’arrivée sans avoir à faire la queue !

Je continue avec les remerciements en pensant à Valérian, qui m’a donné des dizaines de conseils tout au long de l’année et qui a ouvert la voie et montré que c’était possible de finir Embrun en le faisant en 2003, et surtout qui m’a supporté pendant 1 mois d’entraînement avant la course, alors que je n’ai pas toujours été de bonne humeur, surtout quand j’étais blessé. Sinon J’ai une pensée pour Florent, super training partner, le reste des ironmen de Nanterre, Régis, Pascal, Fabrice, Marco, les ironmen-entraineurs Joël, Louis et Claude, jamais avares de conseils et d’encouragements, et plus généralement tous les membres du club ou les autres qui ont cru en moi et m’ont encouragé. Donc merci à tous et à la rentrée.

Thomas Lemaître

Jeudi 11 Décembre 2008
David Quérel
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